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Laura Codelo Bertrand

La créatrice Laura Codelo Bertrand se tourne vers l’univers du bijou dans une suite logique de son parcours créatif.
Issue du milieu du théâtre, elle souhaite retranscrire sa passion à travers des créations percutantes, à mi-chemin entre la sculpture, le vêtement de scène et le conte.
C’est son expérience dans le théâtre visuel qui l’inspire et lui insuffle un style particulier et innovant.

C’est ainsi qu’elle fait une pirouette à 360 degrés et passe de la scénographie à la création. C’est étape par étape qu’elle y parvient, en premier lieu à travers la sculpture puis lentement elle glisse vers la sculpture ludique avant de parvenir au bijou. Tout reste pourtant très lié tant ses créations tendent vers une interprétation dramaturgique, majestueuse.

La totalité de ses pièces sont réalisées à la main au sein de son atelier-boutique italien. Elle y est épaulée par son mari Luciano qui s’occupe de tout l’aspect administratif « une partie absolument non négligeable ! » me confie-t-elle, et son mari d’ajouter : « Je souhaite qu’elle puisse créer librement et qu’elle ne se soucie pas de tout cet aspect administratif contraignant. » Le couple a su trouver le secret du travail main dans la main, qui fonctionne très bien !

Son oeuvre est essentiellement basée sur « l’équilibre, un état qui n’existe pas, que l’on recherche constamment » et toutes ses petites pièces d’art sont réalisées en laiton, doré ou argenté.

L’expérience de ses créations relève presque de la poésie, les métaphores qu’elle met habillement en scène nous poussent à redécouvrir la fonction du bijou. Ce sont désormais des sculptures d’une légèreté incroyable que notre corps, à l’image d’un socle, expose. Ses bijoux, nous ne les portons pas, ce sont eux qui nous portent.

Levé de rideau ! et nous découvrons émerveillés un oiseau délicatement posé sur une branche, non,  ce sont des boucles, deux mouches qui tapent contre la fenêtre attention ! les commères débarquent à nos oreilles, un grand plastron « c’erà una volta » illustrant des grilles ainsi qu’une silhouette enfantine au-derrière ou peut-être serait-ce au devant ?

La broche « primo sicuro » (premier secours en français) se compose d’une base dans le style d’une épingle à nourrice agrémentée,… d’un mini ensemble de couverts (bien sur utilisables). Cette pièce est selon moi la quintessence de la grâce à l’italienne ; un humour al dente d’une fraîcheur inégalable et toujours un peu de cibo.

C’est une joie que de voir cette artiste me présenter ses pièces, de m’expliquer avec douceur la métaphore de chacune, de la voir en porter certaines : l’auréole ou la collerette tellement renaissance, qui lui confère un style décidément pointu, les sauterelles et autres insectes de broches dorénavant amicaux,…

L’été est fini selon sa réinterprétation du moustique-pendentif, mais toute la chaleur de l’Italie résonne encore à mes oreilles grâce au lyrisme inégalé de Madame Laura.

Tess