Les Nouveaux bijoutiers

Le retour gagnant de Majorica

le retour gagnant de majorica
Après avoir disparu du marché français depuis 2001, les perles de Majorica ont réinvesti l'hexagone au mois de septembre avec une présence remarquée sur le salon Eclat de Mode. 120 ans après la création de la société, la formule fait encore recette et encourage Majorica à poursuivre son offensive de charme auprès des professionnels en exposant au salon Printor Lyon en février 2011.

Si Majorica figure dans le Top Ten des marques espagnoles les plus citées (classement 2010 du Foro de Marcas Renombradas Espanolas), sa notoriété est aussi intimement mêlée à l’île de Majorque où elle est née il y a 120 ans. Fabriquées aux Baléares dès l’origine selon une recette jalousement gardée secrète, ces perles d’imitation profitent de l’ambiguïté liée à leur provenance. À tort, le grand public les assimile parfois à des perles de culture. Mais, il n’y a jamais eu de fermes perlières à  Majorque… Simplement un site de production de 6000 m2 à Manacor, la deuxième ville de l’île après Palma. C’est cette usine, d’où sortent 5,5 millions de perles par an, qu’un groupe de journalistes professionnels a eu l’autorisation de visiter cet été. Créé dans les années 1970, le site n’est plus ouvert au grand public depuis que des marques concurrentes ont commencé à proposer des produits fortement inspirés des productions de Majorica et ont utilisé l’appellation « perle de Majorque ». Autre précaution : les 180 personnes qui travaillent sur le site de Manacor ne connaissent qu’une partie du cycle de fabrication afin de ne pas risquer de reconstituer la formule magique… Une recette mise au point en 1952 et jamais brevetée afin qu’elle ne tombe pas un jour dans le domaine public. Le brevet déposé à Paris en 1890 par Eduard Heusch – bijoutier et industriel allemand fondateur de la marque – porte uniquement sur une machine. En visitant l’île de Majorque, Eduard Heusch eut l’idée d’y implanter son atelier après avoir observé une tradition de verre soufflé (le verre constitue le noyau de la perle) et de broderie (technique proche de l’enfilage). Aujourd’hui encore, une partie de la production se fait à la main, notamment pour les perles baroques de grande taille, à la surface irrégulière, de plus en plus appréciées.

OPALINE ET FORMULE NACRÉE
Une perle Majorica imite les perles naturelles, dont elle possède le poids et la densité, grâce à un noyau de verre recouvert de 3 à 8 couches d’une formule nacrée. Fourni par un industriel qui travaille exclusivement par Majorica, le noyau est fait  l’opaline, un verre dense et laiteux. Majorica reçoit des tiges d’opaline qu’il faut d’abord tremper dans un liquide (dont la composition est secrète) avant fusion et création de billes. Ce noyau est ensuite baigné jusqu’à huit fois dans la formule nacrée, elle aussi secrète. Marc-Antoine Breuil, directeur général de la marque pour l’Espagne et l’export, a consenti à nous expliquer que « la formule est issue d’éléments organiques nacrés marins (coquillages et écailles de poissons), mélangés à d’autres substances, qui vont donner son iridescence naturelle et sa résistance à la perle Majorica ». Le reste est une question de savoir-faire, transmis de génération en génération. Le procédé prend environ une semaine car il faut compter 24 heures de séchage entre chaque couche, puis un polissage et la pose d’une dernière couche de protection contre les chocs et les agressions chimiques. C’est ce qui permet à Majorica de garantir ses perles pendant 10 ans. Le contrôle de qualité rejette pratiquement une perle sur deux et son noyau en opaline est ensuite recyclé. Ainsi, l’usine fabrique chaque année 11 millions d’unités, dont la moitié sont commercialisées. À l’époque où la production s’élevait jusqu’à 60 millions de perles, une collection de qualité inférieure était commercialisée sous la marque Indra. Désormais, Majorica se concentre sur 6000 références au lieu du double dans les années 1990 et ne transige pas avec la qualité de sa production. 

12 COULEURS, 12 DIAMÈTRES
Avec 12 couleurs (dont 5 nuances de blanc) et 12 diamètres (de 10 à 24 mm), le choix est suffisant pour composer des parures dans tous les styles. L’enfilage se fait toujours à la main et 1000 rangs de perles passent chaque jour entre des mains exclusivement féminines. Les messieurs s’attellent à d’autres tâches, notamment à la fabrication et au montage des parties métalliques des bijoux : argent rhodié, argent plaqué ou or 14 carats. Des matières naturelles (pierres ou cuir) agrémentent aussi les créations les plus récentes d’une collection renouvelée quatre fois par an. 

REDÉPLOIEMENT INTERNATIONAL
Autrefois, Majorica fournissait les perles aux bijoutiers, qui réalisaient eux-mêmes le montage. Désormais, la marque capitalise sur son nom et revendique des ambassadrices de prestige, notamment aux États-Unis: Hillary Clinton, Oprah Winfrey ou Nancy Pelosi. Le siège social est installé au centre de Barcelone, sur la célèbre avenue Paseo de Gracia, à proximité des édifices signés Gaudi. La société dispose de filiales en Espagne et aux États-Unis, avec également une présence dans une trentaine de pays à travers des distributeurs et agents. Des changements d’actionnaires et de stratégie avaient entraîné la fermeture en 2001 des filiales française et britannique. L’arrivée de nouveaux actionnaires en 2005 a d’abord permis le développement des marchés nord-américain et russe, avant une offensive à l’international depuis le début de l’année 2010 et notamment un retour sur le marché français. Ce redéploiement s’est d’abord traduit par une présence sur le salon Éclat de Mode en septembre dernier à la Porte de Versailles et par la réservation d’un stand pour Printor Lyon en février prochain, afin d’aller à la rencontre des bijoutiers. Parce qu’il est français, Marc-Antoine Breuil ne peut manquer cette chance offerte à la marque de retrouver dans l’Hexagone la faveur d’un public qui n’a jamais oublié les perles Majorica, généralement transmises de mère en fille comme un trésor. 

Carine Loeillet

www.orionmagazine.fr
Posté le : 28-01-2011

Misaki s’attaque au marché domestique

misaki s’attaque au marché domestique
Après avoir fait sa réputation auprès des compagnies aériennes et des Duty Free, Misaki entend développer sa précence sur le marhé domestique international et plus particulièrement français. Basée dans la principauté de Monaco, la société signe désormais "Misaki Monte Carlo" ses lignes de bijoux en argent et perles de culture ou d'imitation.

«Notre rayonnement est international, mais nous avons besoin de mieux nous faire connaître dans notre pays », explique Karine Armeodo, directrice marketing international de Misaki depuis décembre 2009. L’objectif est de soutenir le développement commercial de la marque en France, qui a ouvert 40 points de vente dans le groupement Synalia et souhaite en ouvrir au moins autant d’ici à la fin de l’année chez des bijoutiers indépendants ou affiliés à d’autres groupements. Misaki recherche des agents, exclusifs ou multimarques, pour représenter ses collections auprès des professionnels de l’Hexagone. La marque expose pour l’instant uniquement à Baselworld et sur trois salons spécialistes du Tax Free (Cannes, Orlando, Singapour). Misaki a vu le jour en 1987 en Belgique, puis s’est établi dans la principauté de Monaco. Son premier marché historique est celui des compagnies aériennes : une centaine d’entre elles proposent des bijoux et montres Misaki à bord des avions. En corollaire, les collections sont aussi vendues en Duty Free presque partout dans le monde. Restaient les marchés domestiques, auxquels Misaki s’est intéressé depuis 2003. Une tentative de pénétration du marché français avait été faite  quelques années auparavant mais trop timidement pour se faire remarquer.

RECRUTER DES AGENTS
À la tête du marketing international, Karine Armeodo souhaite par conséquent faire évoluer la situation. Elle commence par recruter des agents et par faire parler de Misaki dans la presse, en rappelant que l’identité est désormais Misaki Monte Carlo, comme le prouve le nouveau logo. Dans un deuxième temps, elle décidera d’exposer sur unsalon professionnel français, sans doute en janvier 2011. Dans un troisième temps, mais pas avant quelques années, l’objectif sera d’ouvrir une boutique en propre à Paris ou Monaco. Une première boutique franchisée a été inaugurée en Chine, suivie rapidement par des magasins en Israël et à Miami en octobre prochain. L’architecture de ces lieux a été étudiée pour être en phase avec le côté épuré des collections. Si la marque a été baptisée du mot japonais Misaki, qui signifie notamment « naissance, épanouissement et éclat », c’était à l’origine pour désigner les plus belles perles du Japon. Dès sa création, la marque a proposé des bijoux fantaisie où la perle était mise en valeur. Aujourd’hui, une grande partie des collections de bijoux et de montres proposent des modèles avec des perles sur argent rhodié, plaqué or ou acier. Cependant, seule la collection Premium, née en 2009, est ornée exclusivement de perles naturelles de culture : Akoya, de Tahiti ou d’eau douce. La ligne classique, avec une nouvelle thématique deux fois par an, est ornée de perles de culture ou de perles d’imitation. Misaki a breveté un procédé appelé Perle Artisanale Extrême Lustre: un nucleus de quartz est recouvert d’une nacre synthétique au brillant particulier, qui a fait la réputation de Misaki.

ORGANIC DREAMS
Baptisée Organic Dreams, la nouvelle collection Misaki Monte Carlo compte 489 références, dont 79 nouveautés. Elle est disponible sur le site Web de la marque, qui offre aussi un accès au site marchand. Les lignes thématiques sont vendues entre 50 et 400 euros TTC tandis que les prix publics de la ligne Premium oscillent entre 400 et 1000 euros. À travers ses collections, comme sa communication, Misaki Monte Carlo cherche à rappeler que l’entreprise est spécialiste de la perle depuis vingt ans et qu’elle propose une autre vision de cette gemme, plus proche de la mode que de la tradition. Avec les perles d’imitation, la liberté créative est décuplée, tant sur le plan des couleurs que des tailles : Misaki n’hésite pas à proposer des perles au diamètre démesuré, jusqu’à 20 mm. La société fait appel à des designers français et italiens, qui ont travaillé cette année sur des lignes végétales, florales et aquatiques. Il ne reste plus qu’à mieux faire connaître au public français ces collections contemporaines et élégantes. 

C.L. 

www.orionmagazine.fr 
Posté le : 27-01-2011

L'épopée de la perle dorée, trésor des Philippines

l'épopée de la perle dorée, trésor des philippines
En trente ans, Jewelmer s'est imposé comme la plus grande entreprise de perles Gold des mers du sud. Fondée par un français et un philippin, elle emploie aujourd'hui un millier de personnes. La perle dorée, dont l'orient fascine et qui reste si délicate à produire, est cependant encore méconnue en Europe. Il nous a fallu aller à sa rencontre pour mieux appréhender tout ce qui fait sa valeur.

C’est l’histoire d’un groupe de journalistes parti trois jours découvrir les perles dorées des Philippines et resté près de trois semaines. Simplement parce qu’un volcan islandais avait cloué au sol des milliers d’avions dans le monde. Le reportage des quatre représentants de la presse (Les Échos Série Limitée, Le Nouvel Observateur, Please, Orion), invités par la société Jewelmer, s’est transformé en rendez-vous en terre inconnue… Ils ont fini par mettre à profit ce séjour forcé pour faire connaissance avec un pays, une culture, une population. Et tenter de mieux comprendre dans quel contexte est née la perle dorée, cette gemme d’origine organique devenue le trésor des Philippines, et de quel environnement elle a besoin pour se développer. Si le prix de la perle gold est plus élevé notamment que celui de ses cousines polynésiennes ou japonaises, c’est parce que sa culture nécessite un processus complexe dans une nature parfaitement préservée. Ce n’est pas par hasard que le président de la République des Philippines, Fidel V. Ramons, a déclaré officiellement en 1996 la perle des Philippines, connue sous le nom de perle des mers du sud, comme trésor national. Ce n’est pas pour rien qu’elle est considérée comme un véritable miracle de la nature et que sa couleur fascine tant, au point que ceux qui la voient pour la première fois ont tendance à penser qu’elle n’est pas naturelle. Pourtant, le seul traitement nécessaire à cette gemme, une fois extraite de sa coquille, est un lavage à l’eau de mer. Sa couleur, en corrélation avec l’extérieur de la coquille, est donnée par le manteau de la bivalve, une huître pinctada maxima à lèvres d’or. Le coquillage produit des perles de nuances différentes en fonction du lieu où il est élevé : du blanc argenté au jaune doré. Une perle est un cristal biologique, formée de couches nacrières composées de conchillion et carbonate de calcium. Selon l’épaisseur de ces couches d’aragonite, l’orient est plus ou moins profond et brillant. Jewelmer a mis dix ans à obtenir de manière régulière des perles d’un jaune puissant, fruit de l’expérimentation des chercheurs et du savoir-faire des greffeurs. L’autre grande difficulté est de récolter une gemme parfaitement ronde et sans aspérités. Tellement de facteurs peuvent entrer en ligne de compte pendant la croissance de la nacre autour du noyau que la découverte d’une perle ronde relève du cadeau de remerciement que fait la Nature aux hommes qui prennent soin d’elle. Parmi ces hommes, il en est un qui oeuvre depuis des décennies pour réussir le pari fou qu’est la culture de ces perles. Il est français, breton avant tout, parti un jour à l’aventure sur toutes les mers du monde jusqu’à décider de s’arrêter aux Philippines, où son nom est aujourd’hui indissociable de la « golden pearl ».

AVENTURIER
Jacques Branellec est un aventurier, un pilote et un marin qui s’était déjà risqué à l’élevage d’huîtres perlières à Tahiti. Il a quitté dès l’âge de 18 ans sa Bretagne  natale, la côte nord du Finistère, pour partir à l’aventure aux États-Unis puis en Polynésie. Pilote pour Air Tahiti, il a l’idée d’implanter une ferme dans un atoll où il développe avec succès la culture des perles de Tahiti. Son associé le contraint à revendre ses parts avant de céder deux ans plus tard l’affaire à Robert Wan, alors producteur débutant. De dépit, Jacques Branellec commence un tour du monde à la voile, sans toutefois abandonner l’idée de poursuivre son aventure dans la perliculture. Au hasard des rencontres, il se retrouve aux Philippines et décide de monter une ferme perlière. Pour tenter l’opération, il lui fallait impérativement s’associer à un natif de l’archipel. En 1978, il rencontre Manuel Cojuangco et un an plus tard, les deux hommes fondent la société Jewelmer International Corporation. La famille de Manuel Cojuangco possède des terrains à Palawan, dans le sud des Philippines qui ne comptent pas moins de 7107 îles. Elle y cultivait une espèce hybride de cocotier lorsque Jacques Branellec lui a proposé un pari fou, la création de fermes perlières. « J’aime les challenges », nous explique Manuel Cojuangco dans son bureau de Manille, qu’il partage depuis 31 ans avec Jacques Branellec. « Jacques et moi avons des tempéraments différents, c’est pourquoi nos rôles ne sont pas les mêmes: je me charge de la stratégie pendant que Jacques oeuvre sur le terrain ». 

850000 PERLES PAR AN 
Il aura fallu aux deux hommes dix ans pour récupérer l’investissement initial. Mais aujourd’hui, Jewelmer produit 850000 perles par an et représente la plus grande entreprise mondiale de perles des mers du sud, dépassant la production du continent australien. La compagnie perlière s’étend sur plus de 30000 hectares et 6 fermes perlières. L’entreprise compte un millier de personnes, réparties entre les fermes perlières, le bureau, l’atelier de joaillerie et les boutiques. Quinze points de vente en propre ont été à ce jour ouverts aux Philippines, le premier en date a été inauguré dans le prestigieux Peninsula Manila, hôtel où ont séjourné les journalistes français invités par Jewelmer. Implantées uniquement aux Philippines, dans les hôtels de luxe et les centres commerciaux, les boutiques Jewelmer proposent les bijoux réalisés dans l’atelier de Manille, qui emploie 40 salariés. Parmi eux, un certain nombre d’enfants des plongeurs des fermes perau point une écloserie d’huîtres pinctada maxima.

DE TAHITI À PALAWAN
Dans son adolescence, Jacques Branellec avait travaillé dans l’entreprise ostréicole familiale sur la côte nord du Finistère. Alors qu’il est pilote pour Air Tahiti dans les années 1970, il s’intéresse à la perliculture en Polynésie et inaugure sa première ferme perlière. En 1979, il a près de trente ans lorsqu’il fonde aux Philippines la société Jewelmer International Corporation avec Manuel Cojuangco. Après avoir choisi où implanter la première ferme perlière en fonction de sa situation géographique et des fonds marins, il fait appel à 2000 plongeurs en apnée qui collectent pendant plus de trois mois les milliers d’huîtres nécessaires au démarrage de l’exploitation de Bugsuk, une île sauvage au sud de Palawan. Une fois greffées selon une technique mise au point par les Japonais au début du XXe siècle et que le Breton est allé lui-même étudier au Pays du Soleil Levant, les huîtres sont remises à l’eau dans des paniers placés à au moins dix mètres de profondeur et qui les protègent des prédateurs. Pendant les deux à trois ans nécessaires à la croissance de la perle, les huîtres sont tournées chaque jour pour assurer la rondeur de la gemme et les paniers sont nettoyés tous les mois. Un travail ingrat, réalisé en pleine mer et par tous les temps. De plus, il faut se défendre contre les contrebandiers et lutter contre la pratique répandue de la pêche à la dynamite et au cyanure, extrêmement destructrice pour l’environnement. Pour la perliculture, la qualité de l’eau doit être absolue et l’écosystème doit pouvoir maintenir son équilibre.

ÉCLOSERIE
Pour éviter qu’une monoculture intensive n’appauvrisse le milieu marin, Jewelmer décide de s’implanter sur de nouveaux sites et surtout, de se lancer dans une aventure inédite: la reproduction des huîtres en écloserie. Il faudra six ans pour obtenir la première récolte, au prix d’un processus d’une grande complexité et qui demande aux équipes une vigilance de tous les instants. Jacques Branellec explique qu’il faut 323 opérations pour créer une perle et qu’il suffit que l’une de ces étapes soit moyenne pour nuire à la perfection de la perle. Il fait visiter aux journalistes l’île de Taytay, un joyau écologique sur lequel est implantée la ferme numéro quatre, ravagée par un typhon en 1998 alors que les bâtiments venaient d’être inaugurés et que trois millions d’euros avaient été investis. Il explique comment Jewelmer est passé d’une activité extractive au développement durable grâce à la production des nacres en biotechnologie. Il ouvre les portes du laboratoire de culture des algues microscopiques pour l’élevage des larves d’huîtres et montre même les bacs, à l’abri de la lumière, où de minuscules coquilles commencent à développer leur nacre et à s’accrocher à des filets. Pour en arriver là, il aura notamment fallu nourrir les larves toutes les deux heures pendant neuf jours avec une catégorie particulière de planctons. Ensuite, seulement 3 % des bébés huîtres seront sélectionnés pour l’élevage. Simplement sur la ferme de Taytay, trois à quatre millions de bivalves sont en permanence en cours de développement et chaque coquillage est répertorié, suivi à tous les stades de sa croissance. « L’ouverture de l’écloserie et des différents sites de production nous conforte dans notre politique écologiste. Nous avons été les premiers à nous mobiliser contre la pêche à la dynamite et au cyanure. Nous constatons, en outre, que nous multiplions la biodiversité et réensemençons des régions entières. Nous produisons annuellementbien plus d’huîtres que nous n’en avons prélevées dans la mer une douzaine d’années durant. Et dans les baies où l’on  s’installe, le peuplement des poissons se trouve multiplié par cinq ou six », raconte Jacques Branellec dans son livre. Il y décrit aussi toutes les épreuves qu’il a dû surmonter à titre personnel ou en équipe. Elles ont forgé son caractère et l’ont aussi conduit à une forme de philosophie : « faire précisément de chaque difficulté un moyen de rebondir ».

Carine Loeillet

www.orionmagazine.fr
Posté le : 27-01-2011

L’épopée de la perle dorée, trésor des Philippines

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En trente ans, Jewelmer s'est imposé comme la plus grande entreprise de perles Gold des mers du Sud. Fondée par un français et un philippin, elle emploie aujourd'hui un millier de personnes. La perle dorée, dont l'orient fascine et qui reste si délicate à produire, est cependant encore méconnue en Europe. Il nous a fallu aller à sa rencontre pour mieux appréhender tout ce qui fait sa valeur.

C’est l’histoire d’un groupe de journalistes parti trois jours découvrir les perles dorées des Philippines et resté près de trois semaines. Simplement parce qu’un volcan islandais avait cloué au sol des milliers d’avions dans le monde. Le reportage des quatre représentants de la presse (Les Échos Série Limitée, Le Nouvel Observateur, Please, Orion), invités par la société Jewelmer, s’est transformé en rendez-vous en terre inconnue… Ils ont fini par mettre à profit ce séjour forcé pour faire connaissance avec un pays, une culture, une population. Et tenter de mieux comprendre dans quel contexte est née la perle dorée, cette gemme d’origine organique devenue le trésor des Philippines, et de quel environnement elle a besoin pour se développer.

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Posté le : 30-07-2010

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