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Luxe, entre course et délire !

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  1. Photo 1 : Luxe, entre course et délire !
  2. Photo 2 : Luxe, entre course et délire !
Notre conception du bonheur nous étouffe et construit notre malheur quotidien. C’est ce qu’espère nous faire comprendre un livre de Robert Franck économiste et comportementaliste américain. Sa toute première cible est notre conception du luxe. Une conception qui serait totalement pervertie par un consumérisme maladif. Nos esprits, focalisés sur des modèles infantilisant jusqu'à la caricature comme Paris Hilton s’achetant 10.000 euros de lingerie haute couture, ne perçoivent plus le bonheur comme accessible sans une hyperconsommation. Et c’est cette hyperconsommation qui détruit la planète engendre une inévitable frustration car elle n’ouvre jamais les porte du bonheur et de la sérénité. 

Robert Franck tient une chronique mensuelle dans le «New York Times». Principale penseur de « l’économie comportementale », il a découvert l’influence du contexte sur nos jugements en vivant au Népal. Il a alors compris que l’on pouvait être très heureux dans une petite maison de deux pièces sans eau ni électricité. Par ses recherches, Robert Franck a démontré comment les plus riches entretiennent le cycle de l’hyperconsumérisme des produits de luxe. Son livre « la Course au luxe », écrit il y a dix ans, sort enfin en France chez Markus Haller. 

Cet économiste rappelle que nous avons assisté ces dernières décennies dans la plupart des pays d’occident, à un développement substantiel des inégalités. Il a été particulièrement spectaculaire aux États-Unis. Entre 1979 et 2003, les 20% les plus pauvres de la population américaine ont vu leurs revenus progresser de 3,5%. Parallèlement, les 20% les plus riches voyaient les leurs augmenter de 45,7%. Dans le même temps, les 5% les plus riche, avaient des revenus qui progressaient de 68%. En 1980, les PDG des deux cents plus grandes entreprises américaines gagnaient 42 fois le salaire moyen d'un ouvrier ; au début de l’année 2000, ils touchaient 500 fois cette somme. 

Cette population de mieux en mieux rémunérée a augmenté sa consommation et notamment celle de ces biens à caractère luxueux. 

Les nouvelles habitudes de consommation des plus riches n'ont donc pas modifié directement la consommation de l'ensemble de la population. Ils ont, en revanche, modifié le cadre de référence façonnant les aspirations de la population située juste au-dessous d'eux ; à son tour, celle-ci s'est mise à consommer davantage, bouleversant le cadre de référence des couches sociales immédiatement inférieures, et ainsi de suite tout au long de l'échelle. 

Aujourd'hui, aux Etats-Unis, on trouve des barbecues à plus de 5000 dollars. Payer un gril une somme pareille aurait été inconcevable il y a seulement vingt ans. Pourtant, le segment des barbecues à plus de 2000 dollars est celui qui progresse le plus. Dans la même veine, si l'on excepte le bref revers subi par le secteur du luxe en 2009, les yachts et les montres Patek Philippe se vendent toujours sur liste d'attente, et les voitures haut de gamme représentent une part croissante du marché automobile américain... 

Les dépenses consacrées aux produits de luxe croissent à peu près quatre fois plus vite que les autres.A ce rythme effréné et exponentiel de consommation du luxe nous devrions essouffler les ressources planétaires bien plus rapidement que ne le prévoit les études les plus sévères. 


Bruno PointFou 
bruno@guide-bijoux.com

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2010-12-06 00:39:28


ORION Magazine
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