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L'étourdissante légende de la Tanzanite !

la pierre de la tanzanite et sa légende !
  1. Photo 1 : La pierre de la Tanzanite et sa légende !
Cette pierre que certains présentent comme le nouveau diamant du 21e siècle, la Tanzanite, ne se trouve qu’en Afrique… Une exclusivité et une rareté propices à tous les fantasmes. Un terrain fertile où les graines de l’imaginaire collectif poussent divinement bien et donnent de robustes légendes. La Tanzanite, pierre précieuse mystérieuse, brille de couleurs surnaturelles. Ses reflets bleus étincelants de rouges et de violets, enflamment de convoitise les riches amateurs qui seuls peuvent s’offrir ce joyau. 

En 1967, sur les flans d’une montagne de la région du Kilimandjaro, de gigantesques nuages aux formes étranges s’amoncelèrent. Ces nuages étaient si inhabituels que les villageois, des nomades d’origine Massaï, se regroupèrent pour les observer et tenter de comprendre ce que ce phénomène météorologique signifiait. Les nuages formaient comme un océan de vagues renversées et suspendues en l’air… Une sombre étendue d’ondes moutonneuses que tourmentait, en divers points, le tournoiement de sorcières invisibles et cyclopéennes.

 Soudain un fracas d’éclairs titanesques déchira le silence dans lequel toutes choses terrestres s’étaient contenues, perplexe face au spectacle de ce ciel si surprenant. Le fracas devint martellement brutal aux séquences de plus en plus violentes. Les éclairs d’argent se firent pluie de lances lumineuses, gigantesques et aveuglantes. Les villageois prirent peur. Chacun rassembla à la hâte quelques objets essentiels et bientôt un flot humain rampant répondît en miroir terrestre au torrent de colère qui s’écoulait dans les cieux. 

La fuite fut une sage décision. Bientôt les éclairs qui semblaient s’acharner en divers points, mirent le feu au village et aux bois qui l’entouraient. Refugiés dans la vallée profonde, les villageois chassés par les forces naturelles déchainées, assistèrent au spectacle macabre et grandiose de l’incendie qui ravageait les modestes bâtisses de leur communauté. 

Au matin un calme profond régnait. Le feu était éteint. La fumée des cendres se mêlait aux brumes de l’aube. Par petits groupes, les villageois regagnèrent le site où leur maison hier encore se dressait. Le sol était noir, calciné et chaud. En de nombreux endroits la terre retournée formait de longues crevasses de plusieurs dizaines de centimètre de profondeur. Comme si un laboureur géant, avait tenté de creuser des sillons… 

Bientôt, dans ce sol, véritable magma refroidissant, les villageois découvrirent des pierres brillantes d’un bleu magnifique. Ils les ramassèrent. Ceux qui communiquaient avec les grands anciens et les esprits désincarnés mirent en garde la communauté ! Ces pierres parlaient. Elles utilisaient le langage des âmes et racontaient l’aventure de ceux qui avant les hommes peuplaient la terre. Ces pierres venaient écouter le chant des âmes des hommes d’aujourd’hui… Et de ce que les hommes leur montreraient dépendra l’avenir de l’humanité… La menace à peine voilée ne fut guère entendue par les jeunes Massaïs et moins encore par ceux qui formaient de jeunes familles. Peut-être tenaient-ils là, entre leurs mains, le moyen de sortir de la misère, d’échapper à la boue de la terre, de soigner leurs enfants, de se nourrir à leur faim chaque jour, d’acquérir ces objets, que seuls détiennent les blancs ! 

Nombreux furent les villageois qui ramassèrent ces pierres et les emportèrent à Arusha, la ville la plus proche dans l’espoir de savoir si elles avaient une quelconque valeur. 

Interpellé par quelques potentats locaux de la ville d’Arusha qui reçurent les villageois et leurs trouvailles, Manuel de Souza, un aventurier et chercheur d'or, examina les pierres. Il fut immédiatement subjugué. Ces gemmes magnifiques lui étaient inconnues. De mains en mains les pierres arrivèrent à New York. Dans le mégapole qui ne s’endort jamais, Hyman Saul, vice-president de la chaine des magasins de luxe : Saks Fifth Avenue, s’émerveilla à son tour à la vue des joyaux. Incapable de les identifier, en toute simplicité, il traversa la rue pour les apporter au Gemological Insitute of America... 

Sans grandes difficultés le GIA identifia les pierres. Il s'agissait d'une variété bleue, jusqu'alors inconnue, de zoisite, une pierre qui normalement est de couleur marron. Mais ces pierres, chauffées à plus de 600°, étaient devenues bleues. Les Massaïs ne les avaient jamais remarquées. De même couleur que la terre, elles se confondaient avec le sol. Mais les pierres de Zoisite soumises aux températures intenses de l’incendie étaient devenues bleues. 

Quelques temps plus tard, Henry B. Platt, l’un des membres de la très influente famille Tiffany, tomba littéralement amoureux des zoisites bleues de Tanzanie. Il décida de les faire connaître à tous ses amis fortunés. Il commença par rebaptiser ces pierres, car en anglais le mot : « zoisite » a une consonance trop proche de celle du mot suicide. Les pierres bleues des Massaïs furent nommées : « Tanzanite ».

 Malheureusement les mines de Tanzanie d’où est extraite le Tanzanite contraignent beaucoup d’enfants au travail. Plusieurs organisations humanitaires ont tenté d’alerter l’opinion publique. Un document de l’ONU rapportait les propos d’un jeune mineur de 13 ans, Peter : « Si un jour je deviens président de Tanzanie, je n'autoriserais pas les enfants à travailler dans les mines de tanzanite, je prendrais les gens qui font travailler les enfants et je les mettrais en prison ».

Bruno PointFou 
bruno@guide-bijoux.com


 



2010-11-03 13:06:09


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