Le 14 juillet dernier, le Tribunal pénal fédéral, qui est la plus haute instance judiciaire de la Confédération Helvétique, a signifié une fin de non-recevoir au juge d’instruction Belge. La Suisse refuse de transmettre les documents saisis dans une société fiduciaire genevoise, qui était en charge de la comptabilité de deux sociétés costaricaines domiciliées dans une zone franche de Genève. Ces sociétés étaient spécialisées dans le transport de diamants.
Selon les juges suisses, leur homologue Belge n'aurait pas démontré qu'il y a bien eu, dans ce dossier, une escroquerie fiscale ! Pourtant, les pièces d’instruction révélées par l’hebdomadaire « Le Point » semble attester de cheminements anormaux des diamants.
L’enquête Belge a mis en évidence un trafic portant sur 561 importations de diamants bruts, d'une valeur de plus de 370 millions d'euros. Des circuits pour le moins curieux : « Des diamants taillés et des bijoux seraient importés en Belgique depuis Genève et apparemment destinés à l'île Maurice, après un retour à Genève. »
Divers spécialistes affirment : « les ports francs de Suisse, et notamment ceux de Genève et de Zurich, s'apparentent à des zones de non-droit… où les lots venant de différents pays sont mélangés. Cela rend impossible l’identification de la provenance d'un diamant ! »
Il semble donc que le « processus de Kimberley » institué en 2002 et qui tente d'empêcher l’entrée des diamants dits « de conflits » sur le marché légal grâce à un système de certification, soit largement contourné. Les « diamants de sang » arriveraient de manière importante dans le circuit des diamantaires et la Suisse jouerait en cela un rôle des plus délicat.
Bruno PointFou
bruno@guide-bijoux.com
2010-08-24 12:24:43





