Les Nouveaux bijoutiers

Précieux

Bijoux et érotisme… nos ancêtres aussi !

la fameuse plaque de la grotte de la marche, en poitou-charentes. bijoux du paléolithique et art de l'érotisme !
  1. Photo 1 : La fameuse plaque de la grotte de La Marche, en Poitou-Charentes.
  2. Photo 2 : Bijoux du paléolithique et art de l'érotisme !
Les bijoux sont des objets sensuels ! Voilà bien une vérité que n’aurait pas reniée Monsieur de la Palisse… Les bijoux que l’on place en divers endroits de son corps sont une seconde peau. Contrairement à la peau naturelle, que la nature et les mystères de la génétique nous affublent avec bonheur et parfois avec cruauté, le bijou que l’on porte est choisi... Même s’il a été offert ! Un choix sensuel pour séduire, et se sentir belle et beau. Un geste quotidien pour presque tous. Mais beaucoup ignorent le lien exact et puissant qui uni bijoux et érotisme. Ce lien les anthropologues le font remonter au paléolithique. Il s’est construit sur une dynamique sociale que firent naître universellement nos lointains ancêtres, ceux qui vivaient il y a plusieurs dizaines de milliers d’années. 

Alors que l’homo sapiens devenait la race dominante et que sa descendance essaimait sur la terre entière, la monnaie fit petit à petit son apparition. La nécessité des échanges entre tribus devenait vitale. Coupée des autres, une tribu décline rapidement. En quelques générations les unions consanguines produisent des monstres. Le développement des techniques de chasse, de pêche, de construction… ne peut être mené avec efficacité par un seul clan. Pendant qu’une tribu excelle dans la pêche, l’autre perfectionne les cultures, une autre l’élevage, la construction d’outils… L’humanité découvrait une loi universelle : les échanges, les rencontres, les différences, sont les piliers de la prospérité. La monnaie, ou du moins son concept, s’imposa par la nécessité de donner une valeur aux échanges et tendre à l’équité. Les bijoux furent la première monnaie de l’humanité. 

Bijoux de coquillage et de plumes, bijoux d’ambre et de pierres, ils ornaient le corps des hommes et des femmes. La monnaie/bijou symbolisait alors le beau, la valeur et la vie, l’espoir que l’on place dans une rencontre ! La culture des peuples de la vallée de l’Omo en Afrique est sans doute très proche de ce mode de vie où les bijoux étaient une monnaie qui sacralisait les valeurs des échanges entre être humain. 

Les pratiques, de certaines tribus mélanésiennes, semblent aussi corroborer le fait que l’utilisation de la monnaie bijou était un moyen de codifier la sexualité. L’homme qui veut partager sa vie avec une femme se doit de lui offrir à elle et à sa famille des bijoux qui sont en l’occurrence la monnaie d’échange. Il s’agit là de rendre hommage à la valeur de la vie de sa future épouse et à sa famille. Et il ne peut y avoir d’union sans échange. L’union entre frère et s½ur, ou personnes d’une même famille devient donc impossible. Par ailleurs, l’amoncellement des bijoux offerts donne la mesure du désir de l’homme pour cette femme. Les bijoux ont alors une signification manifestement érotique. 

L’érotisme, dans la société nos ancêtres prétendument primitifs, est resté jusqu'à une date très récente un sujet tabou. Un tabou que le préhistorien Marcos García Díez souhaite voire voler en éclat. L’exposition dont il est le commissaire est intitulé : « Sexo en Piedra » (sexe en pierre). Elle risque de choquer les esprits pudibonds. Les objets : sculptures, bijoux et dessins, exposés à partir du 23 septembre, jusqu’au 8 décembre à la fondation Atapuerca, dans le nord de l’Espagne, dévoilent la vie intime des contemporains du paléolithique. Cette exposition démontre que la sexualité liée au plaisir, à la sensualité et non à la seule reproduction existait déjà il y a entre 35.000 ans et 10.000 ans, période du paléolithique supérieur, lorsque l'Homo sapiens est arrivé en Europe. Les bases de notre comportement sexuel actuel se trouvent à cette époque. 

Dans les salles de la fondation sont notamment exposées une quinzaine de gravures sur pierre représentant des humains dans le détail de leur anatomie. Marcos García Díez explique que l’on y découvre des positions érotiques des plus variées, des scènes de masturbation, des godemichés, une pratique probable de zoophilie et ce que l’on peut considérer comme un voyeur. 

Les objets exposés ne sont pas les fruits de récentes découvertes, mais le puritanisme ambiant des milieux scientifiques a empêché, des générations de paléontologues d'entrer dans le détail de ce qu'ils découvraient. 

L’une des pièces les plus importante de l’exposition est une gravure très explicite trouvée sur une plaque en pierre dans la grotte de La Marche, près de Poitiers, en France. Comme d'autres vestiges de l'époque découverts en Europe, elle évoque la pratique de la fellation et du cunnilingus. 

D’autres vestiges, comme la gravure dite des femmes de Gönnersdorf, représentant deux femmes enlacées et qui a été trouvée en Allemagne, laissent à penser que l'homosexualité existait au paléolithique. 

Ce qui n’aurait rien de surprenant. Les comportements homosexuels sont couramment observés chez les primates et surtout chez les grands singes, plus proches des humains. Ce qui démontre aux yeux des scientifiques qu’il existe un fort potentiel de relations homosexuelles parmi les grands primates, y compris chez les humains à toutes les périodes de son histoire. 

Bruno PointFou 
bruno@guide-bijoux.com 

2010-08-12 01:13:31


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