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Ambre

L’ambre et les dieux anciens

l’ambre et les dieux anciens l’ambre et les dieux anciens
  1. Photo 1 : L’ambre et les dieux anciens
  2. Photo 2 : L’ambre et les dieux anciens
A nouveau, plusieurs de nos lecteurs nous ont transmis leur désir de lire d’autres légendes concernant l’Ambre. Comme vous le savez déjà, le moine spécialiste de l’ambre que j’ai côtoyé sur le mont Athos me raconta plusieurs contes lors de nos rencontres au puits de sainte Claire. Ce nouveau récit a été fait sous le secret de la confession à mon bon moine. Un voile couvre donc les faits et détails de cette histoire qui serait, elle aussi, parfaitement véridique. Ceci concerne les anciens dieux qui attendent en rêvant que les hommes les réveillent ! Voici ce que le bon vieux moine me raconta : 

- C’est sur le lit d’un mourant qu’il me fut donné d’entendre l’histoire la plus extraordinaire qu’il soit à propos de l’Ambre. C’était il y a tout juste 33 ans. L’un de nos frères d’un monastère italien était venu finir ses jours chez nous. Notre ordre accorde ce privilège à ceux qui veulent consacrer les derniers temps de leur vie à une méditation profonde face aux reliques de sainte Marie Madeleine… Le frère Jacques était né à la Sainte Catherine… notre sainte Catherine l’égyptienne ! Nous étions le 11 avril, dans le ciel Sirius brillait et je savais que le frère Jacques ne verrait pas l’aube se lever. Le moine mourant me prît la main. Nous étions seuls dans sa cellule. Il voulait se confesser ! Il n’était pas dans les règles que je tienne ce rôle. Pourtant je n’ai pas hésité. 

Après les invocations rituelles le frère Jacques se confia. Ce qui lui pesait sur le coeur était une étrange aventure qu’il avait vécu lorsqu’il n’était qu’un jeune moine. Il avait alors rejoint le monastère de Saint-Jean Baptiste de Florence. Son jeune corps le tourmentait. Chaque nuit des désirs charnels l’envahissaient. Alors il quittait sa cellule et rejoignait la chapelle du monastère et s’agenouillait sur une vielle dalle de schiste, incrustée d’un octogone de pierre noire, face au reliquaire de saint Bacchus qui, lui même, faisait face à une statue de saint Barthélémy. Le reliquaire de Saint Bacchus attirait de nombreux visiteurs dans la chapelle des moines. La relique était assez curieuse. Il s’agissait de l’annulaire du saint orné d’une bague sertie d’une magnifique gemme d’ambre jaune. Le jaune de l’ambre était si puissant qu’il semblait d’or. La simple luminosité des bougies lui donnait des éclairs que l’on pensait surnaturels. 

Cela faisait 7 nuits d’affilées que le frère Jacques venait se refugier dans la chapelle, face au reliquaire. Epuisé, il s’endormi ! Mais bientôt il fut réveillé par des voix. Des jeunes femmes semblaient chuchoter tout autour de lui et une voix grave leur répondait. Sans bouger, doucement il ouvrit un peu les yeux. Le spectacle qu’il vit lui glaça le sang. C’était comme si une seconde réalité se superposait à celle de la chapelle et de l’autel du reliquaire de saint Bacchus. Un peu comme des spectres, trois femmes sublimes dans des robes drapées et vaporeuses se tenaient devant lui. En leur centre un centaure semblait le renifler et répondait aux femmes, qu’il devina être des nymphes, tellement il n’avait jamais vu d’êtres aussi délicieux. L’une d’elles demanda : « …et tu penses qu’il fera l’affaire ? » Le centaure avec une grande douceur lui répondit : « oui, il est de ceux par qui le filet de vérité nécessaire peut couler ! D’ailleurs il est réveillé et nous écoute. Terrifié le frère Jacques voulu se redresser pour fuir. Mais avec une incroyable volupté les trois nymphes le saisirent et l’empêchèrent de bouger. Le frère Jacques balbutia : « créatures du diable que me voulez-vous ? » le centaure en souriant s’expliqua : « Mais tu ne me reconnaît pas ? Je suis saint Bacchus… En d’autres temps, d’autres hommes m’appelaient Dionysos, d’autres encore m’appelèrent le Gargan… Je suis le fil rouge, l’arcane de vérité qui relit l’humanité dans ses croyances, de la nuit des temps jusqu'à la dernière apocalypse ! » Le frère Jacques se refusait à comprendre le sens des paroles qui lui étaient dites… 

Mais derrière les douces nymphes et le diabolique centaure, l’ambre de la bague de saint Bacchus brillait comme elle ne l’avait jamais fait ! La lumière exhalée par la bague enveloppait toute la chapelle d’une lumière d’or ! Si le centaure et la nymphe étaient des créatures du diable venu proférer des paroles sacrilèges, la bague du saint ne réagirait pas avec une telle douceur… Ce ne pouvait être qu’une bénédiction ! Le frère se calma et il sentit une subtile chaleur l’envahir. Il pouvait se laisser aller au tendre contact des nymphes sans pêcher et écouter ce que… Saint Bacchus avait à lui dire ! Ce dernier s’approcha pour lui parler à l’oreille pendant que les nymphes transformaient leur étreinte en caresses : « Je veux que tu viennes tous les soirs nous rejoindre ici, dans cette chapelle, pendant 21 jours. Je t’enseignerai la réalité cosmique de la vie, les vérités cachées qui fondent les religions, les secrets de la race humaine, l’histoire de leur union avec les anges… Mais de tout cela tu ne devras jamais rien dire… du moins directement ! Car nous t’enseignerons cela pour que tu le transcrives en images codées, en textes à énigmes, nous voulons que tu relates l’enseignement que nous te prodiguerons mais sous le voile de métaphores et de symboles, car nous voulons que seuls ceux qui le méritent entendent et comprennent… Ta formation de prêtre de saint Benoît te donne toutes les aptitudes nécessaires à cette mission… Si tu nous trahis, nous détruirons tout ce qui t’entoure jusqu’à ce que tu remplisses la dite mission… Acceptes tu ? » Le frère Jacques s’entendit prononcer un oui tremblant. Saint Bacchus et les nymphes disparurent. 

Pendant 21 jours le frère Jacques se rendit à la chapelle. Chaque nuit, pendant 21 jours, saint Bacchus lui prodigua son enseignement et les nymphes leur sublimes caresses. Mais au 22e matin le jeune moine, dans sa cellule, se réveilla totalement affolé et sombra dans la culpabilité. Persuadé d’avoir été le jouet du malin, il écrivit pendant 3 jours et 3 nuits de suite une longue confession à l’attention du père supérieur du couvent. Dans cette confession il relata, de la manière la plus précise et succincte qu’il put, les enseignements de saint Bacchus. Son honteux mémoire terminé, il voulu le porter au père supérieur. Mais dans le couloir qui menait au bureau, il fut accueilli par des hurlements. Une nuée de moines le renversèrent en criant : « au feu ! au feu !.. » En se relevant le frère Jacques vit les flammes qui dévoraient déjà la moitié du couloir et semblaient se précipiter sur lui. Dans sa fuite le jeune moine abandonna les fruits maudits de ses écritures… En moins d’une heure l’ensemble du monastère était la proie des flammes. De nombreux frères perdirent la vie dans ce sinistre, mais… miracle ! L’ossuaire portant les reliques de saint Bacchus fut retrouvé intact dans les cendres. 

De ce jour le frère Jacques exécuta fidèlement la mission que lui avait donné saint Bacchus. Il passa sa vie à créer 7 objets en ambre, qui par leurs symboles, leurs dessins, leurs factures révélaient l’ensemble des enseignements de saint Bacchus… Et pour être certain que ces perles ne tomberaient pas entre les mains, comme dit le proverbe, de « cochons » il les cachât ! 

A ce moment précis du récit le souffle du frère Jacques mourant avait presque disparu. Il sorti alors un morceau de papier de l’intérieur de sa robe de bure et me le tendit. Ce papier je le garde toujours avec moi. Il y est inscrit une série de signes et de chiffres… Plusieurs phrases aussi ! Je crois que ce message codé doit conduire aux 7 objets d’ambre créé et caché par le frère Jacques… Mais je n’ai jamais réussi à déchiffrer ce message ! 

Bruno PointFou 
Bruno.fou@free.fr


2010-07-05 11:44:23


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