Alexandre Dumas dans : « La femme au collier de velours » joue du sentiment ambigu que peuvent procurer les perles. Il met en scène une belle danseuse au cou de laquelle brille un magnifique collier de velours et de perles, dont le sautoir qui repose sur sa poitrine est en forme de petite guillotine sertie de diamants…
L’auteur le plus prolifique que jamais ne connu la langue française ne fut pas le seul à jouer des ambiguïtés sensuelles que peuvent inspirer les perles. Le grand poète mystique Mevlânâ Djelâl-eddîn-i-Roûmî qui vivait en Perse au XIIe siècle, et qui a inspiré l’ordre des derviches tourneurs fit de nombreuses odes à la gloire métaphorique des perles. Ses poèmes sur les perles, d’une sensualité mystique enivrante sont d’après la légende, à l’origine de la blancheur des tenues des danseurs derviches de la tradition soufi. Ces danseurs tournent sur eux même jusqu'à la transe et à la limite du coma. Ils vivent alors une extase mystique et deviennent des perles de Dieu ! Visuellement lorsque les derviches danse, le mouvement de leur tenue forme comme un globe blanc resplendissant…
Roûmî écrivait :
« O Dieu! O Moi ! O Toi ! ma perle resplendissante !
Que nous sommes différents l'un de l'autre !
Je suis ton sort, je ne dors plus !
Tu es le mien, tu ne t'éveilles jamais."
Dans l’antiquité, les Grecs pensaient que les perles naissaient sous l’action conjuguée de la rosée et de la lune et qu’ainsi les forces cosmiques tournoyaient pour se déposer dans la chair offerte des huîtres flottant la nuit, grandes ouvertes, à la surface des eaux. Les Romains pensaient que les perles étaient des offrandes de la déesse Venus faites aux hommes par l’intermédiaire des huitres…
De manière universelle c’est le monde féminin que les perles symbolisent.
La perle est douceur et discrétion, grâce et pudeur. Délicate, elle ne lance par d’éclairs de lumière autour d’elle comme le diamant, mais elle rayonne, pacifique, dispensant humblement ses connaissances !
Bruno PoinFou
(bruno.fou@free.fr)
2010-06-02 16:59:51







