Ils se donnent rendez-vous sur un pont et tout deux ont pris soin de se munir d’un cadenas sur lequel ils ont écrit leur nom. A la grille du parapet ils ferment les cadenas emmêlé l’un a l’autre et d’un geste fou de bonheur… Jettent les clés à l’eau ! Après avoir observé les ronds dans l’eau s’ouvrant à l’infini, ils s’embrassent. Voici comment se déroule ce nouveau rituel qui se répand aujourd’hui comme une pandémie à travers le monde. Souvent les amoureux viennent seuls, mais il n’est plus rare de les voir accompagnés de leurs amis. Certains pratiquent même ce rituel en famille, ainsi les « cadenas d’Amour » remplacent l’église avant le banquet de mariage. De même, certains couples dont l’union fait naître une famille recomposée, associent leurs enfants et c’est alors toute une guirlande de cadenas qui s’accrochent les uns aux autres et une myriade de clés qui sont jetées au fleuve…
A Paris, le rituel se pratique essentiellement sur le Pont-des-arts. Les services municipaux commencent d’ailleurs à s’en inquiéter. Ce pont, vénérable et historique, supporte déjà plus de 1850 cadenas… Et les amoureux commencent à investir d’autres ponts alentour. Les cadenas d’amour fleurissent aussi sur le Pontneuf, le Pont de l'Evêché, la Passerelle Léopold-Senghor…
Paris n’est pas la seule ville touchée, Bruxelles, Kiev, Vilnius, Florence, Vérone, la ville de Roméo et Juliette sur le Pont de Pierre, et bien sûr Venise, voient se multiplier les v½ux d’amour cadenassés ! La pratique se développe aussi dans des lieux inattendus, en Chine, les touristes qui escaladent la montage sacrée de Huchan, ont la surprise de voir des monticules de cadenas, avec des noms d’amants désireux de se déclarer un amour au moins durable si ce n’est éternel, arrimés sur les rambardes d'accès.
L'origine du rituel de ces fameux « cadenas d’amour » est mystérieuse. Selon diverses sources, elle viendrait du roman à l’eau de rose italien : « J'ai envie de toi », de Federico Moccia. Dans cette fiction, le héros et l'héroïne accrochent un cadenas avec leur nom sur un lampadaire du « Ponte Milvio » qui enjambe le Tibre. L’auteur décrit leur fougueux baiser et l’émotion merveilleuse qui les pousse à jeter la clé dans les eaux du fleuve romain. Mais voilà l’auteur affirme qu’il s’est inspiré d’une pratique préexistante à son roman… Le mystère reste entier et les cadenas… bouclés !
B.F.
(bruno.fou@free.fr)
2010-05-12 19:28:01







