l’ambre, l’alchimiste et le secret de l’ange métatron !

L’ambre, l’alchimiste et le secret de l’ange Métatron !

Plusieurs de nos lecteurs nous ont transmis leur désir de lire d’autres légendes concernant l’Ambre. Il se trouve que le moine spécialiste de l’ambre que j’ai côtoyé sur le mont Athos me raconta plusieurs contes lors de nos rencontres au puits de sainte Claire. Le récit que je vous fais ici ne m’a pas été raconté comme une légende. Le bon moine qui m’en fit le récit le considérait comme parfaitement véridique. Mais sachez que ce même moine éprouvait une sincère et grande pitié pour l’archange déchu Lucifer et priait régulièrement pour que cet ancien prince du ciel regagne un jour le chemin de la gloire divine ! Voici ce qu’il raconta : 
A Prague en 1616, il y avait un alchimiste dont la renommée était si forte qu’il devait se cacher et vivait dans le secret. Ses prouesses avaient été si grandes sur le plan médical que des légions d’hommes et de femmes, riches et humbles, puissants et nobles, malandrin et prêtres, par flots toujours croissants, firent le siège de son échoppe. La marée humaine devint à ce point envahissante que la foule provoqua des émeutes, l’alchimiste ne pouvait plus travailler, ni manger, ni dormir, sa vie était devenue un enfer ! Un matin il fit croire à son décès et disparu… 
Depuis il vivait dans le quartier juif et se faisait passer pour un sombre kabbaliste, vieillard sénile, que les jeunes gens moquaient gentiment. Il s’appelait alors Nathaniel Levi Boulakia. Sans ami, mais grâce à une fortune secrète qui se composait principalement de diamants, l’alchimiste pu reprendre, dans le calme, ses travaux de grand œuvre. Il se savait proche de la pierre philosophale et ses secrets accumulés sur le chemin de sa recherche ne devaient pas être livrés aux hommes. Le sage alchimiste utilisait l’ambre jaune, qu’il faisait venir en grande quantité de Pologne. Chaque nuit, dans le grand sous sol de son humble bicoque il travaillait. 
De l’ambre il avait déjà extrait des principes extraordinaires notamment une pommade qui faisait disparaître toutes les infections de peau. En distillant de l’ambre sous les auspices de diverses planètes et en alliant l’essence obtenue a de l’holifax réduite il avait obtenu une poudre aux propriétés étranges. Si on la brulait avec de l’encens de Jérusalem tous ceux qui en était enveloppés tombaient immédiatement dans un profond sommeil. Cette même poudre répandue sur une blessure faisait immédiatement disparaître la douleur… Celui que l’on appelait Nathaniel Levi Boulakia avait alors percé des centaines de mystères de ce type. Mais le secret de la pierre philosophale lui résistait encore. Pour l’atteindre il était devenu expert en bien des choses, mais l’une d’elle lui causait des soucis. 
Le faux juif avait résolu les principales étapes du processus philosophal et conçu l’outil ultime de la transmutation. Il s’agissait d’un réceptacle entièrement composé d’ambre finement ciselé de motifs spécifiques qui concentraient de subtiles énergies. Ce réceptacle fonctionnait comme une sorte de creuset dans lequel il devait déposer un certain élixir. Le tout devait recevoir la lumière du soleil puis de la lune, précisément le 21 juin. Mais voilà la réalisation de ce fameux réceptacle demandait d’incroyables talents de marqueterie. Et cet art résistait à l’homme appelé Nathaniel. Il persévéra et étudia des années durant. En vain, il n’arrivait pas à exécuter les plans du réceptacle qu’il avait conçu. 
Nathaniel s’enfonça alors dans la prière, il jeunait trois fois par semaine et passait la plus grande partie de son temps a genou. Toujours plein d’espoir il avait entreposé une très grande quantité d’ambre dans son laboratoire souterrain. Une nuit alors que Nathaniel était au bord de l’inanition un ange lui apparu. L’ange se présenta sous le nom de Métatron et lui commanda : « Si tu veux percer l’ultime secret tu dois remonter une coupe, d’elle tu tiendras ce que tu désir ! Cette coupe se trouve sur un autel qui fut construit sur les rives d’un lac souterrain. Tu pourras atteindre ce Lac en te rendant à la tour de Shabahar. En descendant dans les souterrains tu trouvera l’accès au Lac et sur ses rives tu trouveras l’autel et la coupe. Rapporte cette coupe dans ton laboratoire et le secret te sera livré ! » 
Au matin l’alchimiste se rendit à Shabahar. Il trouva la tour, descendit au lac et s’empara de la coupe. De retour à son laboratoire il brandit la coupe, mais contre toutes attentes deux dragons en surgirent. Un dragon blanc et un dragon rouge et les dragons se mirent à se battre furieusement crachant comme des volcans des nuées ardentes et des flammes de couleurs rouges et bleues. Celui qui se faisait appeler Nathaniel se refugia dans un grand chaudron qui était couché sur le flan au fond de son laboratoire. Les flammes crachées par les dragons firent fondre l’ambre amoncelé dans le laboratoire et un brouillard de fumée inonda l’espace. Le nuage était si opaque que du combat l’alchimiste ne vit plus que les lueurs. Les dragons se battirent pendant 7 heures. A la septième heure le dragon rouge vaincu mourra. Mais le dragon blanc terriblement blessé agonisa, il mit 7 autres heures à rendre l’âme. La fumée petit à petit se dissipa ! De l’ambre il ne restait rien. Mais dans les décombres l’alchimiste découvrit le réceptacle. Il n’était pas exactement comme il l’avait dessiné. Le réceptacle était d’un seul tenant comme façonné dans un seul et même morceau d’Ambre… Peu de temps après le 21 juin de cette année le vieux kabbaliste Nathaniel Levi Boulakia disparu. Un temps on le chercha dans les fossé, dans les bois,… Puis on l’oublia ! Certain dirent qu’ils avaient vu un homme, beaucoup plus jeune que le vieux Nathaniel mais pourtant lui ressemblait, quitter la maison avec un étrange bagage à la main…
Photos de pierres d'ambre : Stanimex
B.F.