Il y a plus de 10.000, l’homme pris conscience du développement linéaire et constant du temps en observant la variation des ombres par le mouvement du soleil et l’évolution des saisons par la course des étoiles dans le ciel. Les grecs inventèrent la lecture du temps grâce à un bâton planté dans le sol : le gnomon (du grec : connaître). En ces époques antiques, ce sont les prêtres qui sont les maîtres du temps, ils désignent les périodes sacrées, les rites à accomplir et établissent les premiers calendriers. A Babylone puis en Egypte, l’étoile Sirius fut longtemps celle qui servi de repère aux calendriers.
Dans l'Europe du début du Moyen-Âge, le temps entre dans une première phase de subdivision. Les prêtres veulent diviser chaque jour de manière précise pour rendre grâce à dieu dans un rythme défini. Il est donc nécessaire de mesurer le temps. On utilise alors les cadrans solaires mis au point par les romains que les lettrés qui ont accompagné les croisades perfectionnèrent grâce aux connaissances que les arabes leur avait transmis. La nuit venue les prêtres utilisent des bougies graduées, des horloges à eau et des sabliers…
Ce n’est qu’à l’approche de la révolution française que les techniques de calcul du temps évoluèrent. Galilée, avait observé les oscillations du pendule et constaté qu’elles sont équivalentes. Il envisagea, l'année de sa mort, d'appliquer ce phénomène à une horloge. Ce que d’autres feront quelques dizaines d’années plus tard.
A partir du 19e siècle les techniques de mesure du temps s’améliorent prodigieusement. Le début du 20e siècle voit l’émergence de l'énergie électrique. Les horloges bénéficient rapidement de cette nouvelle technologie. L'invention de la diode en 1904, puis la mise au point la triode en 1906 par Lee De Forest, inaugurent les débuts de l'électronique. La création du transistor en 1948 sera une nouvelle étape décisive. Quelques temps plus tard les montres à Quartz apparaîtront. Les physiciens pour leur bonne compréhension de la structure de la matière inventent une horloge atomique. Cette horloge atomique compte les oscillations naturelles de l'atome de césium qui fait 9 192 631 770 révolutions par seconde. L'horloge avance donc d'une seconde lorsque ses capteurs électromagnétiques ont compté ce nombre de révolutions. Paradoxalement, cette ultra précision du décompte du temps va mettre un terme à la vision que l’on se faisait du temps depuis plus de 10.000 ans. Le temps ne défile pas de manière linéaire et constante, une seconde n’est pas forcément égal à une autre seconde !
Déjà en 1889 un physicien américain, Albert Michelson, en mesurant la vitesse de la lumière avait découvert un fait pour le moins surprenant. Même si l'observateur se déplace et peu importe sa vitesse, la lumière ira toujours à 300 000 km/s. Prenons un exemple: Vous roulez avec votre voiture sur une route à 100 km/h et vous croisez un autre véhicule en sens inverse, qui roule lui aussi à 100 km/h. Le calcul rationnel voudrait que chaque conducteur voie passer l'autre voiture à 200 km/h. En toute logique on additionne les deux vitesses des voitures.
Mais l’observation astronomique de deux rayons lumineux démontre que cette logique n’est pas une réalité physique. La lumière est composée de photons allant à 300 000 km/s. Si on suit le même raisonnement que précédemment, un photon croisant un autre photon devrait le croiser à 600.000 km/s. Le physicien Albert Michelson a démontré que les photons se croisent en toutes circonstances à 300 000 km/s. La mécanique qui régit l’espace, le temps et la vitesse devint alors une énigme. C’est Albert Einstein qui proposa la première théorie rationnelle qui explique pourquoi la vitesse de la lumière est toujours la même quelle que soit la vitesse de l’observateur. Ce qui mit fin à notre vision millénaire du temps et transforme aujourd’hui notre vision de la réalité bien plus encore que la prise de conscience que la terre était ronde et tournait autour du soleil. La théorie d’Albert Einstein, celle de la relativité, propose une vision de la réalité où l'espace et le temps se contractent proportionnellement à la vitesse du déplacement ! Aujourd’hui cette théorie a été confirmée, amplifiée et abondée. Ainsi il est exact de dire que nous ne construisons pas le futur, mais que le futur en s’approchant de nous modifie le présent. De même nous modifions le futur lorsque nous cherchons à nous en approcher en le conceptualisant. C’est ce qu’a démontré la physique quantique héritière des recherches d’Einstein.
L’homme qui regarde sa montre pour savoir ce qu’il doit faire est donc dans l’erreur, c’est ce qu’il croit devoir faire qui donne l’heure de sa montre ! Cette vision des règles physiques qui régissent notre réalité, aux yeux de certains, modifie prodigieusement le rôle que peuvent avoir nos pensées et plus particulièrement celles par lesquels nous envisageons notre avenir...
2010-03-29 17:50:00






