On dit de la coquetterie qu’elle est exclusivement féminine : pourquoi parle-t-on si peu de celle de la gent masculine ? Il convient de reconnaître que la coquetterie n’est pas associée, chez les hommes, à quelque chose de positif. Et cela remonte à loin : l’homme devait séduire naturellement dans le monde antique. Faire preuve de coquetterie, c’était alors courir le risque d’être perçu comme inférieur, déviant, voire homosexuel.
Néanmoins, l’étymologie nous renvoie au masculin, avec toute une famille de mots dérivés du mot coq : le coquard, le cochet, le coquin, le coquardeau, le coqueplumet... Ce coq dominateur et vindicatif qui coquette au milieu du poulailler, fier de sa crête.
L’histoire nous offre t-elle beaucoup d’exemples d’hommes envoûtés par le démon de la coquetterie ? Un grand nombre, oui ! La coquetterie masculine prendra des formes différentes selon les époques et les lieux. Au Moyen Âge, les bijoux sont le support de la coquetterie, et servent à indiquer son rang social. Lorsque Henri VIII, monarque britannique, décède en 1597, il faudra dix-huit mois pour dresser un inventaire de ses possessions, au nombre desquelles figuraient des habits brodés de gemmes, rubis et diamants. C’était l’étalage de la magnificence.
De nos jours, cette coquetterie tournée vers le public a disparu, elle a été remplacée par des impératifs plus individuels, relevant plutôt du narcissisme. Ce qui est le plus présent, c’est le désir d’en premier lieu prendre soin de soi, de son corps. De se plaire. Se plaire pour plaire à l’autre, au final ? Oui. Les mâles du temps passé n’avaient pas besoin d’autant de séduction pour garder leur femme. Aujourd’hui, ils doivent les séduire en permanence pour éviter leur départ. Et donc ils prennent soin de leur apparence, une élégance de base étant devenue relativement disponible en raison de l’émergence massive de produits cosmétiques à destination des hommes, et du règne de la confection industrielle.
Les femmes en portent-elles la responsabilité ? Elles ont longtemps choisi leurs vêtements. Et ce sont elles qui détenaient les clés de l’univers des produits de beauté. Certes, elles ont exercé une certaine influence. Cela dit, il ne semble pas qu’elles désirent voir les hommes franchir certaines limites, celle du port de la jupe pour ne prendre qu’un exemple. La virilité demeure désirée. Et l’on assiste aujourd’hui à l’émergence du type « métrosexuel » qui ne veut sacrifier à la beauté, ni ses droits, ni sa virilité. C’est le cas d’un Brad Pitt, d’un Frédéric Michalak ou d’un David Beckham...
Ces derniers ne semblent pas être en proie à la coquetterie, on se la joue dans le style dédouané, la « cool attitude », avec la mode du « coiffé-décoiffé ». Mais les apparences sont, précisément trompeuses : cette attitude qui se présente comme naturelle joue en fait à fond la carte de la coquetterie.
Bruno PointFou
bruno@guide-bijoux.com
2011-07-15 19:50:04




