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Éloïse Fiorentino, sobriété maîtrisée

Style épuré, délicatesse du geste, le travail d’Éloïse Fiorentino s’inscrit dans un savoir-faire artisanal. Animée par la restitution d’une certaine émotion, elle crée des bijoux où technique et matière donnent le ton.

« J’aime l’idée de concevoir, à partir de rien,  un objet qui reste dans le temps et procure quelque chose à celle ou celui qui le porte.» C’est avec ces quelques mots que la créatrice, installée dans son atelier-boutique du XIVe arrondissement de Paris, s’exprime sur le métier qu’elle a, très tôt, choisi d’exercer. Formée à l’école de bijouterie de la rue du Louvre, puis au Greta de la création, du design et des métiers d’art de l’école Boulle, elle travaille un temps auprès d’Hervé Van Der Straeten qui lui confie la gestion de ses lignes de bijoux. « Il me donnait ses carnets de croquis et je devais les interpréter » explique la créatrice.

De ces quelques années passées au côté du designer, elle en garde la maîtrise d’un savoir-faire, celui du martelage et de l’utilisation de formes bien particulières. Mais s’en distingue assez vite, en allant vers un travail beaucoup plus épuré, même si les volumes de ses bijoux restent imposants. Ainsi, la créatrice propose des pièces délicates en métal martelé ou ciselé (collier plastron et boucle d’oreille démesurée), aux formes aériennes. Sur une base de laiton argenté ou doré à l’or fin 24 carats, elle vient créer des volumes légers dont le travail de surface met en lumière des motifs aléatoires. Inspirées le plus souvent par l’archéologie, la mythologie et la nature, ses créations n’en demeurent pas moins intemporelles. Mais la musique, et certaines ambiances l’emmènent également vers d’autres voies de création. Des sources d’inspiration riches et variées qui dictent son processus de création et nourrissent ses collections annuelles. Loin de ne proposer que de la fantaisie, Éloïse Fiorentino se prête au jeu du sur-mesure et imagine des alliances et médailles de cou en métaux précieux qui peuvent se parer de pierres fines.

par Caroline Coiffet